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MYDATA 2016 – Un événement sur le Self Data, pourquoi ?

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Auteur : Marine Albarède

Date : 30 septembre 2016



Premier d’une série de billets de retour sur l’événement MyData 2016, cet article introduit les enjeux d’une telle rencontre.

La Fing pilote le projet MesInfos en France depuis 2012 ; mais nous sommes nombreux, dans plusieurs pays, à explorer chacun à notre manière l’idée du retour des données personnelles aux individus. Après plusieurs rendez-vous informels qui ont rassemblé au cours de ces derniers mois quelques-uns de ces acteurs, le premier grand événement international autour du Self Data se tenait du 29 août au 2 septembre dernier, à Helsinki.

Co-organisé par Open Knowledge Finland, l’Université d’Aalto (Helsinki) et la Fing, MyData 2016 a rassemblé pendant 3 jours plus de 600 acteurs venus de toute l’Europe et d’au-delà. Mais pour répondre à quels enjeux au fait ?

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Rassembler plusieurs acteurs de l’écosystème

Du côté de MesInfos, 5 ans d’exploration et d’expérimentation du sujet nous ont convaincus de l’aspect écosystémique du récit du Self Data. Pour que les individus puissent avoir accès à leurs données personnelles et les réutiliser de diverses façons (pour mieux se connaître, se faciliter la vie au quotidien, faire de meilleurs choix, se comparer, etc.), il sera nécessaire que des organisations détentrices de données jouent le jeu en restituant les données collectées sur leurs clients. Un écosystème de services tiers destinés aux individus sera également essentiel – l’expérimentation MesInfos, comme d’autres partagées au cours de MyData 2016, a bien montré que les données « brutes » restent un objet vague pour la plupart des gens, dont ils ne savent que faire si aucun service ne leur est proposé. Sans oublier des plateformes personnelles et sécurisées, pour accueillir ces données, pour permettre aux individus de les stocker, de les réutiliser, d’en gérer les droits d’accès par des tiers, etc. Enfin cela nécessite pour les individus de passer à une posture consciente autour de leurs données !  En bref, le Self Data recouvre bel et bien un écosystème.  C’était l’un des objectifs de MyData2016 que de rassembler pour la première fois tous ces acteurs, détenteurs de données, plateformes, porteurs de services, acteurs de la recherche et de l’innovation, institutions…

 

Amener les acteurs à partager expériences, réflexions, bonnes pratiques…

Le Self Data – ou le mouvement MyData, comme nos complices l’appellent en Finlande –  en est à un moment décisif : plusieurs visions cohabitent – comme le résumait en conclusion de l’événement Valérie Peugeot – et si cette pluralité est saine sur de nombreux points, il faudra que les acteurs convergent sur d’autres questions (doit-on s’allier avec les GAFA ou lutter contre ? Le Self Data doit-il se développer en silos, avec des plateformes et services pour la santé, l’énergie, les données administratives, ou au contraire de façon plus horizontale ? etc.).  Ce premier événement était une étape indispensable pour que ces acteurs partagent leurs visions, leurs réflexions, leurs projets, leurs recherches,  leurs expérimentations,  leurs questionnements,  leurs pratiques. 

Le constat que la situation actuelle (dans laquelle les organisations sont les seules à tirer de la valeur des données de leurs clients ou usagers) n’est plus tenable, est partagé : « Qui possède l’âge de l’information ? » demandait Rufus Pollock, fondateur de l’Open Knowledge Fondation, alors que plusieurs intervenants évoquaient le besoin d’ouvrir davantage les systèmes, plaidant pour une participation accrue des individus dans ces derniers. Mais nous avons encore chacun beaucoup à apprendre autour des défis juridiques, techniques, économiques…  pour construire une vision convergente. La baseline de l’événement commençait par « Make it happen ». Mais elle se terminait surtout par « Make it right ». Tout l’enjeu est là : faire en sorte que le Self Data se développe dans un sens qui redistribuerait bel et bien du pouvoir aux individus et développerait de la valeur pour tous.

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En Europe, un moment structurant

Un tel événement n’aurait sans aucun doute pas eu la même portée s’il s’était tenu il y a un ou deux ans. Il n’aurait d’ailleurs probablement pas pu se tenir. Le Self Data émerge depuis quelques années seulement. De premières organisations détentrices de données commencent à s’y engager proactivement : la Maif présentait ainsi durant MyData les enjeux de cette évolution dans laquelle elle s’engage, Yle, chaîne de télévision finlandaise présentait son initiative de mise à disposition de données à ses clients… d’autres participent à des expérimentations (MesInfos en France,  MyData Store mené par Telecom Italia en Italie…) ou renforcent leurs réflexions sur la privacy.

Mais un élément de contexte non négligeable est venu accélérer les choses en 2016, tout du moins en Europe : le GDPR, qui instaure notamment le droit à la portabilité des données et des principes de privacy (by design et by default), est manifestement à l’esprit de tous les acteurs présents. La donne change, comme le laissait entendre Edouard Geffray, Secrétaire Général de CNIL, qui venait en parler en plénière lors du 1er jour de l’événement : « D’un point de vue légal, nous entrons dans l’âge des individus mis en capacités (empowered individuals) »

Et il ne se passe pas des choses qu’en France et en Finlande !

Si le GDPR peut être un accélérateur considérable du Self Data, les acteurs de terrain ne l’ont pas attendu pour commencer à faire des choses. Et si l’Europe est un terreau fertile pour les initiatives en matière de Self Data, il se passe aussi beaucoup de choses ailleurs, notamment au Japon (le Personal Information Protection Act de 2005, texte clé au Japon a connu diverses mises à jour en 2015 faisant monter en puissance le sujet de la privacy), dont plusieurs chercheurs et innovateurs venaient présenter leurs avancées, ou encore aux Etats-Unis.

Cet événement n’est pas un aboutissement pour le Self Data (ni pour MesInfos). C’est une étape, structurante, des réflexions et projets qui mènent à un rééquilibrage des relations entre les organisations et les individus, à une valeur des données personnelles plus partagée, en faveur des individus. Nous pourrions même dire que ce n’est qu’un début… Nous avons et aurons besoin d’événements comme MyData 2016 pour faire bouger les choses.

A suivre…

 





Cet article a 4 commentaires


    kaplandaniel

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    mydata2016r

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    kaloei

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    darmont_lyon2

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