SelfData, Kezako ?


La confiance est en crise. Cette crise ne touche pas seulement les institutions, mais bien le coeur de la relation entre les individus et les organisations. L’importance croissante prise par les données personnelles dans l’activité des organisations y contribue lourdement, à l’heure où les individus réclament plus de transparence.

Au-delà des démarches de protection, qui demeurent indispensables, une autre voie se dessine. Les  initiatives et outils  liées  à  l’empowerment  des  individus  à  l’aide  de  leurs  propres  données  ne  manquent pas : Self Data en France, Mydata en Finlande, Midata en Angleterre, Smart Disclosure aux Etats-Unis,  VRM (Vendor RelationShip Management), Cloud  Personnel, Quantified Self, PDS (Personal Data Store), PIMS (Personal Information Management System), Customer Commons…

Cette autre voie, nous l’appelons Self Data : devenir l’acteur de ses données personnelles. Ne plus se contenter de les produire pour que d’autres les exploitent, mais bien récupérer la maîtrise de celles-ci pour les utiliser à ses propres fins. Nous définissons le Self Data comme “la production, l’exploitation et le partage de données personnelles par les individus, sous leur contrôle et à leurs propres fins”.


Comment ça marche ?

1. Un individu obtient ses données personnelles des organisations avec lesquelles il est en relation (aujourd’hui ces données sont dans les systèmes d’information des entreprises, difficilement obtenables par les individus) et en ajoute d’autres qu’il capte ou produit lui-même.

 

2. Il les stocke et les administre de manière sécurisée (par exemple à l’aide de Pims – Personal Information Management Systems, comme les Cloud Personnels)

3. Et il les exploite à ses propres fins à l’aide d’applications et de services tiers pour mieux se connaître, prendre de meilleures décisions, évaluer ses décisions passées, se faciliter la vie, etc.

De quelles données parle-t-on ?


Le Self Data recouvre toutes les données personnelles dont l’usage peut fournir une information utile aux individus. Cela peut recouvrir les données de consommation (ticket de caisse, factures…), de finance, de mobilité, d’énergie, de communication (SMS, appels, publications sur les réseaux sociaux), de navigation sur le web, de santé et de bien-être, de formation et d’emploi, données administratives… et encore, la liste n’est pas close !


A quoi et à qui ça peut servir ?


Pour les individus, les bénéfices sont multiples : contrôler ses données ; gérer ses informations, documents, contrats, identifiants, etc. ; mieux se connaître ; faire des choix consommation éthique ou « responsable » ; la prise de décision facilitée ; ressentir, découvrir, vivre une expérience avec ses données ; ou encore contribuer à des projets collectifs… Autant de nouveaux champs d’usage ouverts par le Self Data !

Les organisations vont également y gagner, d’abord en retrouvant la confiance et la fidélité de leurs clients, en améliorant la qualité des données dont elles disposent lorsque les individus partagent avec elles leurs données, et en gagnant en compétitivité.

Prenons l’exemple de nos données bancaires. Elles sont aujourd’hui “détenues” par notre banque et accessibles uniquement sur notre compte en ligne, mais des services Self Data changent aujourd’hui la donne, et parviennent à récupérer nos données – pour notre compte – pour nous proposer une visualisation par poste de dépense, la création facile d’un budget, et la comparaison des tarifs que notre banque nous applique avec ceux du marché !


Vous voulez en savoir plus ?

Découvrez les services et apps’

Ils illustrent le principe du Self Data dans cette cartographie collaborative. N’hésitez pas à y contribuer !

D’autres questions sur le Self Data ?

La Charte du Self Data en énonce les principes et la FAQ (15p) du Self Data y répondra sûrement.

A lire ailleurs :

En 2016, le Self Data a passé un cap. Retrouvez ici notre sélection sur ce sujet qui monte.

Plus de temps devant vous ?

Le cahier d’exploration Self Data (mai 2015, 132p), ouvrage de référence, dresse un panorama complet sur la question des données personnelles partagées. Il s’ouvre par une synthèse en 4 pages.